Il y a une chose essentielle que nous oublions parfois.

Comme dans les musiques amérindiennes, où chaque rythme rappelle le lien profond entre l’humain, la nature et les animaux, notre relation avec le cheval repose sur une harmonie subtile que nous devons apprendre à écouter.

Nous regardons le cheval comme un animal capable de nous porter, de nous accompagner, de réaliser nos projets. Pourtant, lui ne nous voit pas ainsi.

Le cheval est d’abord une proie. Depuis des millions d’années, sa survie dépend de sa capacité à observer, à anticiper le danger et à choisir les individus en qui il peut avoir confiance.

Il est aussi un animal profondément grégaire. Son groupe est sa sécurité. C’est auprès des siens qu’il trouve son équilibre, sa sérénité et sa force.

Alors, lorsque nous venons le chercher dans son troupeau, nous lui demandons beaucoup plus qu’une simple promenade ou qu’une séance de travail.

Nous lui demandons de quitter ce qui le rassure pour nous suivre, nous.

À cet instant, une question se pose.

Pourquoi accepterait-il de nous faire confiance ?

La confiance ne se réclame pas. Elle se mérite.

Le cheval ne suit pas celui qui parle le plus fort. Il choisit celui qui lui apporte davantage de sécurité que son troupeau.

Pour cela, nous devons lui démontrer trois qualités essentielles.

La première est la force.

Pas la brutalité.

La force tranquille. Celle qui rassure. Celle d’un être capable de rester calme, stable et déterminé lorsque les émotions montent. Un cheval n’a pas besoin d’un chef qui domine. Il a besoin d’un guide qui ne vacille pas.

La deuxième est la connaissance.

Le cheval doit sentir que nous comprenons sa nature, ses besoins, son langage. Il doit percevoir que nous savons lire l’environnement, anticiper les difficultés et prendre les bonnes décisions. En nous suivant, il nous confie sa sécurité.

La troisième est l’amour.

Un amour qui s’exprime par la justesse, l’écoute et l’empathie.

Être juste, c’est reconnaître immédiatement l’effort du cheval. C’est arrêter la demande dès qu’il a donné la bonne réponse. C’est revenir à la neutralité pour lui permettre de retrouver la paix.

C’est ainsi que naît le dialogue.

Je me souviens d’un jeune cheval particulièrement méfiant, qui refusait de quitter son troupeau. Plutôt que de le contraindre, je suis resté simplement présent, calme, sans exigence. Après de longues minutes, il a fait un pas vers moi, puis un autre. Ce jour-là, il n’a pas seulement accepté de me suivre : il a choisi de me faire confiance. Et ce choix, fragile et précieux, a tout changé dans notre relation.

Le cheval ne nous appartient jamais vraiment.

Chaque jour, il choisit de nous accorder ou non sa confiance.

Notre responsabilité est immense.

Nous ne sommes pas les propriétaires de son courage.

Nous en sommes les gardiens.

Si nous voulons être son partenaire, nous devons devenir son repère.

Non par la contrainte.

Mais parce qu’à ses yeux, nous sommes devenus plus rassurants que ses peurs.

C’est là que commence la véritable relation entre l’humain et le cheval.

Une relation fondée sur la confiance, le respect et la liberté.

Benoît Denis

Cheval Nature et Liberté

Ranch du Vallon Académie


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